©(Photo TC Media – Joanie Mailhot)

Un texte de Joanie Mailhot pour le Courrier Sud – La chapelle de Wôlinak a été construite en 2007 et avait, au départ, une vocation religieuse. Or, en 2013, le conseil de bande a entamé une réflexion dans le but de valoriser son utilisation et lui donner une connotation plus régionale et culturelle. Ce sera chose faite dans les prochains mois, dans le cadre du 150e anniversaire du Canada.

«Depuis 2013, on regarde vraiment à changer la mission de la chapelle parce qu’à cause de la connotation religieuse, on ne recevait que 4 à 5 événements par année. Disons que ça manquait un peu de vie et que le lieu n’était pas utilisé à son plein potentiel», soutient Dave Bernard, directeur général du conseil des Abénakis de Wôlinak.

Puis, les astres se sont alignés dans les derniers mois, à l’occasion du 150e anniversaire du Canada, célébré en 2017. C’est que Patrimoine Canada offre des subventions et du financement pour l’organisation d’événements et d’activités en lien avec cette célébration.

Le projet de la chapelle cadrait dans les critères et a ainsi été déposé au Fonds Canada 150. Patrimoine Canada a finalement octroyé une somme de 151 000$ pour le projet, qui totalise 205 000$. La balance sera assumée par le Conseil de bande. Il faut dire qu’une partie du projet comprend une mise à niveau de la chapelle, afin de mieux installer la nouvelle exposition qui y sera présentée.

«Patrimoine Canada ne subventionne pas ce qui est en lien avec l’infrastructure, donc la chapelle, mais plutôt le contenu de l’exposition, les salaires reliés à la mise sur pied du projet, etc.», mentionne M. Bernard.

Une exposition à saveur historique

Avant, à l’intérieur de la chapelle, il y avait une petite exposition d’objets religieux. L’an dernier, avec les fouilles archéologiques, se sont ajoutés les objets qui étaient retrouvés.

Cependant, avec la nouvelle exposition, on abordera une toute autre thématique. «Concrètement, on veut faire découvrir l’importance de la première nation des Abénakis de Wôlinak dans la grande histoire du Canada», résume l’historien Mario Marchand, chargé de projet.

À travers une perspective historique autochtone, l’exposition «Mémoire vivante, la rivière au long détour» lèvera le voile sur les véritables enjeux de la fondation de la mission de Bécancour en 1708 et donnera un aperçu de  l’histoire des Abénakis de Wôlinak entre 1600 et 1760.

Il s’agira d’une exposition multimédia et interactive. En effet, on y retrouvera notamment des artéfacts historiques et archéoligiques, des murales illustrant le  territoire ancestral des Abénakis et une reconstitution du  paysage historique de la mission, ainsi qu’un court film d’animation qui présentera une vision globale du mode de vie et de la culture ancestrale des Abénakis de Wôlinak . L’ouverture de l’exposition est prévue le 21 juin, soit lors de la Journée nationale des Autochtones du Canada. L’exposition sera ouverte en permanence jusqu’au 2 septembre, mais les jours et les heures d’ouverture sont encore à déterminer. Pour ce qui est du reste de l’année, on envisage faire une approche auprès des groupes scolaires, entre autres.

La journée du 1er juillet sera aussi soulignée, pour célébrer la Fête du Canada et, du même coup, le 150eanniversaire de la Confédération canadienne.

Un lieu de mémoire
Mario Marchand estime qu’il n’y a pas vraiment de lieu de culture à Wôlinak. «On est surtout dans la culture orale; on n’a pas de véritable lieu de mémoire ou d’espace de commémoration», croit-il, ajoutant qu’avec les changements apportés, la chapelle deviendra ainsi un lieu de mémoire.

Dans la préparation de l’exposition, le conseil de bande souhaite faire participer les gens de la communauté et entend également impliquer les jeunes, notamment avec un concours de décoration de tipis, qui seront installés sur le terrain de la chapelle.

«La chapelle ne conservera donc pas sa connotation religieuse, sinon que la «coquille» de la bâtisse. Par contre, un portion de l’histoire de la mission est, en quelque sorte, liée à la religion», font valoir les deux intervenants.

Dave Bernard indique que le fait de miser désormais sur un espace culturel plutôt que religieux permettra plus facilement d’intégrer la chapelle dans un circuit touristique, par exemple.

Source : http://www.lecourriersud.com/actualites/2017/4/19/une-nouvelle-vocation-pour-la-chapelle-de-wolinak.html